Le bon pédalboard guitare se choisit en croisant quatre repères simples : le nombre de pédales à installer, le matériau de la planche, la solution d’alimentation retenue et la fréquence des déplacements. Un modèle trop petit sature dès la troisième pédale achetée. Un modèle trop lourd décourage les allers-retours en répétition. Entre planche en bois recouverte de velcro, structure en aluminium à fentes et pedalboard fait maison, chaque option répond à un usage précis. Voici comment s’orienter, sans se tromper de format ni se ruiner.
Combien de pédales sur un pédalboard guitare et dans quel ordre ?
Avant de comparer les modèles, posez toutes vos pédales au sol, les unes à côté des autres, dans l’ordre de la chaîne de signal : accordeur, wah-wah, compresseur, distorsion ou overdrive, égaliseur, modulation (chorus, flanger, phaser), trémolo, pédale de volume, puis delay et reverb en toute fin de chaîne. Cette disposition n’est pas un dogme : certains guitaristes placent la wah après la disto, une question d’oreille plus que de règle. Mesurez ensuite la longueur et la largeur occupées une fois les pédales reliées par des câbles patch courts, pas par de longs jacks qui gonflent l’espace sans raison. Gardez de la marge : deux emplacements libres absorbent les envies d’achat futures sans imposer un rachat prématuré de pedalboard. Sur les formats à deux étages, réservez la rangée basse aux effets sollicités en permanence, la plus accessible au pied.
Aluminium, plastique ou bois : ce que vaut chaque matériau
Le matériau de la planche pèse autant sur le budget que sur le dos. Les structures en aluminium, chez Pedaltrain ou Rockboard, dominent le marché grâce à leur légèreté et à leurs fentes qui dissimulent les câbles sous la surface. Les modèles en plastique moulé, comme le Behringer PB600, encastrent certains formats de pédales et limitent le velcro à poser. Les planches en bois, plus économiques à l’achat, pèsent lourd dans un sac et laissent des traces de colle sur les pédales vintage les plus précieuses.
| Matériau | Poids | Point fort |
|---|---|---|
| Aluminium (Pedaltrain, Rockboard) | Léger | Câbles cachés, structure rigide |
| Plastique moulé (Behringer PB600) | Léger | Encastrement direct, prix contenu |
| Bois recouvert de velcro | Lourd | Coût réduit à l’achat |
Un vieux skateboard, un tiroir récupéré ou une mallette de bricolage : le pedalboard fait maison ne coûte presque rien, à condition d’accepter un rendu plus rustique qu’une structure du commerce.
La fabrication artisanale exige des outils, un peu d’adresse et du temps mais offre des dimensions calées au millimètre sur votre parc de pédales. Une latte fixée à l’arrière incline la planche et facilite l’accès aux footswitchs. Reste à prévoir un sac ou une caisse pour le transport, puisque aucune housse n’accompagne un pedalboard artisanal.
Bien alimenter ses pédales, sans ronflette
L’alimentation reste le point qui fait le plus souvent grincer des dents sur un pedalboard chargé. Plusieurs solutions coexistent, avec des compromis différents :
- Les piles conviennent aux pédales isolées mais deviennent impraticables une fois les boîtiers fixés au velcro, impossibles à ouvrir sans tout démonter.
- Une guirlande reliée à un seul transformateur reste économique, à condition que la somme des consommations en mA de chaque pédale ne dépasse jamais celle indiquée sur le bloc.
- Une alimentation à batterie rechargeable isole chaque sortie et élimine le bruit du secteur, au prix d’une recharge à anticiper avant chaque concert.
- Un bloc dédié à isolation galvanique alimente chaque pédale avec un courant propre et une sortie isolée, la solution la plus fiable pour un pedalboard chargé en pédales numériques.
- Certains pedalboards embarquent une alimentation intégrée qui supprime l’achat d’un bloc externe, un vrai confort pour qui démarre.
Housse souple, flight case ou pedalboard sur mesure
Le pedalboard voyage autant que le guitariste : répétitions, concerts, sessions studio. La housse souple livrée avec la plupart des modèles du commerce suffit pour un aller-retour occasionnel, à condition de la caler en haut de la pile dans le coffre de voiture. Le flight case rigide pèse plus lourd mais encaisse les tournées et les sols de scène peu amènes. Les tour cases à roulettes, réservés aux pedalboards volumineux, simplifient le déplacement dans les couloirs de salle et les parkings de tournage.
Pour les guitaristes prêts à investir davantage, des ateliers comme Trailer Trash ou West Coast Pedal Board construisent des pedalboards taillés au format exact du parc de pédales et de ses évolutions prévues. Un vrai luxe, réservé à ceux qui ont déjà stabilisé leur configuration. Pour la majorité des guitaristes, une structure en aluminium livrée avec sa housse couvre l’essentiel des besoins, avec la marge de manœuvre nécessaire pour faire grandir le pedalboard au fil des envies.







