La Focal Chorus 726 reste une des colonnes les plus recommandables que l’on croise aujourd’hui en seconde main. Trois voies, quatre haut-parleurs, une ébénisterie assemblée à Saint-Étienne : elle vise la justesse plutôt que l’esbroufe. Cette sobriété explique sa longévité auprès des mélomanes. La gamme Chorus a quitté le catalogue Focal, ce qui déplace le sujet vers les petites annonces. Voici ce qu’elle donne à l’écoute, ce qui la sépare de la 726 V et les points à contrôler avant de signer un chèque.
La Chorus 726, une colonne 3 voies née à Saint-Étienne

La 726 couronne la série Chorus 700. Cette place de grande colonne revient désormais à d’autres familles du constructeur, à comparer si vous préférez choisir une colonne Focal encore disponible plutôt que de chercher une paire d’occasion. Focal a réparti le spectre sur quatre transducteurs : deux graves Polyglass de 165 mm, un médium Polyglass du même diamètre et un tweeter TNV2 à dôme inversé de 25 mm en alliage aluminium-magnésium. Le Polyglass consiste à déposer de fines microbilles de verre sur un cône en pulpe de cellulose, mariage entre l’amortissement du papier et la rigidité du verre. L’ébénisterie en MDF ultra-rigide, avec ses parois non parallèles et sa façade renforcée, étouffe les résonances internes. L’évent bass-reflex débouche en face avant, détail précieux quand la colonne finit à trente centimètres du mur du salon.
- Colonne 3 voies bass-reflex, 4 haut-parleurs
- Réponse en fréquence : 49 Hz à 28 kHz (+/- 3 dB), 39 Hz à -6 dB
- Sensibilité : 91,5 dB (2,83 V / 1 m)
- Impédance nominale 8 ohms, minimale 2,9 ohms
- Fréquences de coupure : 300 Hz et 3 000 Hz, filtrage OPC
- Puissance admissible 250 W, ampli conseillé de 40 à 250 W
- 99 x 22,2 x 34,3 cm pour 23,5 kg par enceinte
- Conception et fabrication françaises
Ce que la 726 donne à l’écoute
Le duo de graves fait le travail avec autorité. Sur les plages les plus exigeantes, la basse électrique garde sa fougue, la grosse caisse conserve une texture pleine sans jamais talonner. Le registre reste tendu, dégraissé, sans traînage, ce qui rend la 726 crédible sur le rock produit avec soin comme sur les formations acoustiques. Le médium suit la même logique : lisible, vivant, à l’aise sur les voix et les guitares.
L’aigu adopte une réserve que certains auditeurs apprécient et que d’autres trouvent frustrante. Les cymbales surprennent parfois mais l’ensemble privilégie les fréquences intermédiaires et laisse les harmoniques un peu en retrait. Le banc d’essai d’Audiophile.fr pointe d’ailleurs une relative distance entre la musique et l’auditeur sur les enregistrements les plus émouvants : belle tenue technique, moins de frisson. La scène sonore, elle, s’ouvre largement dès que le volume monte, avec une image bien calée entre les deux colonnes et un centre correctement documenté.
726 ou 726 V : qu’est-ce qui change ?
La question revient dans toutes les recherches et la réponse tient surtout à l’esthétique. La 726 reprend la conception de son aînée la 726 V : même architecture 3 voies, mêmes technologies Polyglass et TNV. Focal a redessiné l’ébénisterie et le porte-tissu pour des lignes plus élancées, en conservant les propriétés acoustiques du modèle précédent. Les possesseurs des deux versions décrivent un aigu légèrement plus doux sur la 726, sans bouleversement du caractère général.
| Chorus 726 V | Chorus 726 | |
|---|---|---|
| Ébénisterie | lignes de la première série 700 | dessin actualisé, plus élancé |
| Façade | haut-parleurs et tweeter apparents | façade habillée recouvrant les transducteurs |
| Tweeter | dôme de teinte argentée | dôme doré, aigu perçu comme plus doux |
| Conception acoustique | 3 voies Polyglass, tweeter TNV inversé | reprise de la même architecture |
L’ampli et la pièce qui lui vont
Avec 91,5 dB de sensibilité, la 726 se contente de peu et accepte une très large palette d’amplificateurs, transistors récents ou vintage, voire certains modèles à tubes. Un intégré de quarante watts la met en route sans peine. Ceux que cette recherche d’électronique rebute lorgnent souvent vers les enceintes à amplification intégrée, qui suppriment purement et simplement ce maillon. Le potentiel dynamique demande pourtant mieux : un amplificateur au caractère mou bride la colonne, alors qu’une électronique nerveuse libère le rythme et l’aération. Focal la destine aux pièces de petite à moyenne dimension, jusqu’à une quarantaine de mètres carrés. Comptez aussi une période de rodage : plusieurs propriétaires décrivent des basses timides les premières semaines, puis une assise qui s’installe. Les quatre cônes de découplage livrés avec chaque enceinte méritent d’être posés dès le premier jour.
Acheter une paire d’occasion sans mauvaise surprise
Le neuf a disparu des rayons, les revendeurs classent la 726 parmi les produits arrêtés. Le marché s’est reporté sur les annonces entre particuliers, où des paires de 726 V se négocient autour de 250 euros selon les offres visibles en ligne. Cet ordre de grandeur varie fortement avec la finition et l’état : rien d’officiel là-dedans. Une colonne de 23,5 kg voyage mal, privilégiez la remise en main propre avec écoute.
- Faites jouer les quatre haut-parleurs de chaque enceinte, un médium muet trahit un filtre ou une bobine fatiguée
- Inspectez les suspensions des deux graves à la lumière rasante, à la recherche de craquelures ou de recollages
- Regardez le dôme inversé du tweeter de biais : un enfoncement, même léger, altère le haut du spectre
- Passez la main sur le placage et les arêtes, l’humidité gonfle le MDF et décolle les angles
- Vérifiez la présence des grilles, des cônes de découplage et l’état des borniers
- Écoutez à volume élevé quelques secondes pour débusquer un souffle parasite ou un évent qui chuinte







