Deux machines répondent au nom de Mixtrack Platinum. Le modèle d’origine date de 2016 et a quitté le catalogue Numark. Le Mixtrack Platinum FX lui a succédé en 2020 et se trouve neuf autour de 265 € chez les revendeurs français. La réponse courte tient en une phrase : orientez-vous vers le FX et laissez de côté les annonces à 900 € ou 1 199 € qui circulent sur les places de marché pour l’ancienne référence.
Deux Mixtrack Platinum se partagent le même nom
Le Mixtrack Platinum de 2016 inaugurait une idée simple et redoutable : loger un écran LCD de 1,75 pouce au centre de chaque plateau métallique de 5 pouces. BPM, position de lecture, temps restant, pitch, keylock, tout s’affichait sous les doigts. Le DJ gardait les yeux sur sa machine plutôt que sur son ordinateur. Numark y ajoutait une bande tactile pour piloter les effets et parcourir un morceau. Ce contrôleur arrivait avec Serato DJ Intro, un logiciel depuis retiré du circuit.
Le Platinum FX reprend le principe et le muscle. Les plateaux passent à 6 pouces, les écrans à 2 pouces en couleur haute résolution, la bande tactile cède la place à deux leviers de performance FX qui s’abaissent comme des manettes. Le châssis mesure 536 x 246 x 51 mm pour 2,4 kg et se contente du câble USB comme alimentation. Aucun bloc secteur à transporter.
Un Mixtrack Platinum d’origine affiché à 1 199 € chez un vendeur tiers, c’est quatre fois le tarif du modèle actuel, qui fait mieux sur tous les plans.
Ce que les écrans dans les jog wheels changent
Un débutant passe ses premières heures le nez collé aux waveformes de son écran d’ordinateur. Les afficheurs intégrés cassent cette habitude : la position du plateau, le tempo et le pitch apparaissent là où reposent vos mains. Le regard se libère pour la piste, ce qui compte dès la première soirée devant du public.
Les plateaux méritent aussi un mot. Numark les fabrique en métal et les rend capacitifs sur deux zones : la surface supérieure déclenche le scratch ou l’arrêt du morceau dès qu’on la touche, la tranche extérieure sert au pitch bend sans interrompre la lecture. Ce dédoublement des gestes évite les fausses manœuvres et le métal encaisse les sets répétés. Les 5 pouces du modèle d’origine restent nerveux grâce à leur faible inertie ; les 6 pouces du FX offrent une surface plus confortable pour poser la main.
Pads, filtres et leviers d’effets
La section performance du Platinum FX aligne l’essentiel de ce qu’un DJ manipule en direct :
- 16 pads rétroéclairés répartis sur quatre modes : hot cues, boucles automatiques, fader cuts et samples
- un EQ 3 bandes par voie, complété par un potentiomètre de filtre passe-haut et passe-bas
- 6 boutons d’effets à accès direct (écho, réverbération, flanger, phaser, filtres) plus un tap tempo
- des faders de pitch de 100 mm, soit près du double de la course habituelle sur cette gamme de prix
- une carte son 24 bits / 44,1 kHz intégrée, avec sortie master RCA, casques en 6,35 et 3,5 mm, entrée micro à gain réglable
Cette course de 100 mm sur le pitch mérite qu’on s’y arrête. Les concurrents s’en tiennent souvent à 60 mm. Le geste gagne en finesse et le calage manuel devient beaucoup moins frustrant quand on apprend à beatmatcher sans le bouton sync.
Reste la préécoute, dont dépend justement la réussite de ce calage. La double sortie casque en 6,35 et 3,5 mm accepte à peu près tout ce qui traîne dans le sac mais ce qu’on entend dépend surtout de ce qu’il y a au bout du câble : un casque fermé pensé pour la préécoute en cabine isole du volume de la salle là où un modèle d’écoute domestique laisse le mix ambiant tout brouiller.
Quel logiciel pour le Mixtrack Platinum ?
Le Platinum FX arrive pré-mappé pour Serato DJ Lite, gratuit, avec une montée vers Serato DJ Pro en achat optionnel. La bête est class compliant : vous la branchez sur un Mac ou un PC sans installer le moindre pilote. Le paquet inclut le Remix Tool Kit de Prime Loops et deux mois de SoundSwitch pour piloter des lumières.
Le contrôleur parle par ailleurs le MIDI standard. VirtualDJ propose un mapping officiel pour le Platinum FX comme pour son aîné et les autres logiciels du marché acceptent des mappings personnalisés. Un détail concerne le modèle de 2016 : sa fiche constructeur plafonne le support à macOS 10.13 High Sierra, une raison de plus de préférer le FX sur une machine récente.
À qui ce contrôleur convient ?
Le Platinum FX vise le DJ qui a dépassé le stade de la curiosité. Ses deux decks à deux couches gèrent quatre pistes en simultané, de quoi empiler une acapella sur une instrumentale et lancer un sample par-dessus. Prévoyez en revanche de quoi le faire sonner : la sortie master en RCA réclame une paire d’enceintes amplifiées, un poste de dépense à intégrer au budget dès le départ. Les acheteurs de Sonovente lui accordent 5/5 sur 13 avis, ceux d’Amazon 4,6/5 sur plus de 2 600 votes : le rapport prestations-prix fait l’unanimité, avec un bémol récurrent sur la configuration informatique réclamée par Serato.
| Modèle | Jog wheels | Écrans | Pistes | Prix indicatif |
|---|---|---|---|---|
| Mixtrack Pro FX | 6″ capacitives | aucun | 2 | environ 190 € |
| Mixtrack Platinum FX | 6″ capacitives | couleur 2″ | 4 | 259 à 289 € |
| Mixtrack Platinum (2016) | 5″ métal | LCD 1,75″ | 4 | occasion uniquement |
Si vous mixez deux morceaux à la fois sans jamais superposer de couches, le Mixtrack Pro FX suffira et vous fera économiser une soixantaine d’euros. Le Platinum FX prend son sens dès que les sets s’allongent et que les samples s’invitent dans les transitions. Face au Pioneer DDJ-FLX4 vendu 329 €, l’écart de tarif joue en faveur du Numark, qui reste le seul de sa catégorie à glisser un écran dans chaque plateau.







