Un téléphone avec projecteur intégré, c'est une idée qui revient périodiquement dans l'industrie mobile sans jamais vraiment s'imposer. Le marché reste minuscule, les modèles rares, et la technologie reste soumise à des contraintes physiques qui ne disparaissent pas. Voici ce qu'il faut savoir avant de plonger dans ce segment très particulier.
Un pico-projecteur intégré dans un smartphone, comment ça marche ?
Un pico-projecteur repose sur un mini vidéoprojecteur LED logé dans le boîtier du téléphone. La source lumineuse utilise des LEDs (rouge, vert, bleu), et la puce d'affichage est généralement de type DLP (Digital Light Processing) ou LCOS — des technologies qui miniaturisent les micromiroirs ou panneaux à cristaux liquides en réflexion jusqu'à des dimensions compatibles avec l'épaisseur d'un smartphone.
Le GPU du téléphone génère un flux vidéo secondaire envoyé vers la puce du projecteur, comme vers un deuxième écran. Une optique fixe projette ensuite l'image sur n'importe quelle surface plane.
Le résultat pratique : une luminosité de quelques dizaines de lumens ANSI (50 à 80 en réalité, malgré les chiffres marketing parfois fantaisistes), une résolution native de 720p au mieux, et une image utilisable entre 40 et 100 pouces dans une pièce sombre. La consommation élevée explique pourquoi les rares modèles commercialisés embarquent des batteries colossales.
Quels téléphones-projecteurs sont disponibles en 2025-2026 ?
Le marché se résume à une poignée de références, quasi exclusivement dans le segment « rugged » (smartphones ultra-robustes) :
- 8849 Tank 3 Pro : SoC performant, 5G, batterie dépassant 23 000 mAh, pico-projecteur LED 720p, autonomie en mode projecteur de 4 à 6 heures. Prix : 450-600 €.
- 8849 Tank 4 Pro : évolution directe avec Dimensity 8300, écran AMOLED 120 Hz, batterie 11 600 mAh, projecteur légèrement amélioré (50-80 lumens ANSI). Prix : 400-550 €.
- Moviphone : pionnier du genre, pico-projecteur laser 50 lumens, image HD jusqu'à 200 pouces (théoriquement), autonomie projecteur 4 à 6 heures. Introuvable neuf en 2025.
Samsung avait tenté l'aventure avec le Galaxy Beam, Motorola avec un module Moto Mods Insta-Share Projector. Aucun n'a survécu plus d'une génération dans le catalogue de son fabricant.
Ce que vous pouvez en attendre (et ce que vous ne pouvez pas)
Dans une pièce plongée dans l'obscurité, sur un mur blanc, le résultat est tout à fait regardable pour une soirée film improvisée ou une présentation professionnelle sans matériel. L'image à 60-70 pouces tient la route dans le noir complet.
En revanche, en pleine lumière, l'image est délavée et inutilisable. La résolution native de 720p n'est pas négociable. Les mentions « 1080p compatible » ou « 4K support » sur les fiches produit signifient uniquement que le téléphone accepte ce signal en entrée avant de le réduire : pas que le projecteur projette réellement en haute définition.
Ces appareils restent épais, lourds, et leur usage quotidien comme smartphone principal demande un certain engagement physique dans la poche.
Téléphone-projecteur ou combo smartphone + mini-projecteur ?
L'alternative sérieuse, c'est d'associer un smartphone ordinaire à un mini-projecteur portable dédié. Des modèles comme le Xgimi MoGo 4 Laser ou le LG CineBeam S offrent une luminosité bien supérieure (400-600 lumens ANSI), une résolution 1080p native, et une qualité d'image sans commune mesure avec ce que propose un pico-projecteur de smartphone. Le tout pour un budget similaire si l'on additionne les deux appareils.
La vraie question est donc : avez-vous besoin que tout tienne dans un seul objet ? Si vous voyagez souvent, dormez à l'hôtel, donnez des présentations à l'improviste sans sac disponible, le téléphone-projecteur a une logique. Dans tous les autres cas, le combo séparé gagne sur l'ensemble des critères techniques.




