Instruments de musique par a : lesquels connaissez-vous vraiment ?

La lettre a ouvre une liste étonnamment riche. Voici les principaux instruments de musique par a, du plus familier au plus confidentiel :

  • Accordéon (diatonique, chromatique, accordina)
  • Alto : instrument à cordes frottées de la famille des violons
  • Anche : la lamelle vibrante des clarinettes et hautbois
  • Archet : l’accessoire en crins pour frotter les cordes
  • Archiluth : luth baroque à cordes basses supplémentaires
  • Aulos : double flûte de la Grèce antique
  • Abôlouman : instrument à lamelles d’Afrique de l’Ouest
  • Adjalin : flûte traversière traditionnelle ouest-africaine

Certains de ces noms sont sur toutes les lèvres, d’autres méritent qu’on s’y attarde. Tour d’horizon.

L’accordéon et ses variantes

L’accordéon est sans doute le plus célèbre des instruments commençant par a. Instrument à anche libre, il produit son son quand le soufflet comprime ou dilate l’air à travers de petites lamelles métalliques.

Sous ce nom générique se cachent trois instruments distincts :

  • L’accordéon diatonique joue des notes différentes selon que le soufflet s’ouvre ou se ferme. Typique du bal folk et du trad breton, il impose une façon de penser la musique très particulière (on ne joue pas diatonique comme on jouerait chromatique).
  • L’accordéon chromatique produit les mêmes notes dans les deux sens du soufflet, ce qui libère l’interprète des contraintes du diatonique. C’est l’instrument de prédilection du musette parisien.
  • L’accordina est une curiosité réjouissante : une anche libre jouée directement à la bouche, avec un clavier de poche. Michel Portal en a fait un usage mémorable dans le jazz.

L’alto, l’anche et l’archet

Ces trois termes commençant par a méritent qu’on les distingue soigneusement, car ils n’appartiennent pas tous à la même catégorie.

L’alto est un instrument à cordes frottées, accordé en do-sol-ré-la — une quinte en dessous du violon. Sa sonorité est plus grave, plus voilée, souvent décrite comme mélancolique. Il est l’instrument central des quatuors à cordes, même si le violon lui vole régulièrement la vedette.

L’anche, elle, n’est pas un instrument : c’est la pièce vibrante qui produit le son dans toute une famille d’instruments à vent. Une anche simple (une seule lamelle) équipe la clarinette et le saxophone. Une anche double (deux lamelles qui vibrent l’une contre l’autre) caractérise le hautbois et le basson. Cette distinction influe directement sur le timbre et la technique de jeu.

L’archet, enfin, est l’accessoire indispensable des instruments à cordes frottées : violon, alto, violoncelle, contrebasse. Fabriqué traditionnellement en bois de pernambouc, il tend de 150 à 200 crins de cheval. Les versions modernes en fibre de carbone offrent une alternative solide pour les instrumentistes qui voyagent beaucoup.

Des instruments par a plus rares

Certains noms de la liste n’apparaissent guère en dehors des encyclopédies musicales, et c’est justement là que la curiosité devient intéressante.

L’aulos est un instrument à vent de la Grèce antique, généralement joué en paire : deux tuyaux simultanés, tenus entre les lèvres. On le représente souvent sur les vases grecs lors de cérémonies dionysiaques. Sa sonorité perçante et nasale est à mille lieues de la flûte traversière moderne.

L’archiluth est une variante du luth baroque, reconnaissable à son très long col qui porte des cordes basses supplémentaires non frettées. Populaire au XVIIe siècle en Europe, il accompagnait les chanteurs et les petits ensembles de chambre avec une douceur que les théorbistes d’aujourd’hui font mine de réinventer.

L’abôlouman est un instrument à percussion à lamelles originaire d’Afrique de l’Ouest. Moins connu que le balafon ou le djembé, il illustre à lui seul la profondeur des traditions musicales africaines, dont on ne gratte encore que la surface en dehors du continent.

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